Un chantage jugé inacceptable par le gouvernement
La réaction française a été vive et unanime face à cette méthode qualifiée de “chantage.” Pour l’entourage du chef de l’État, utiliser des leviers commerciaux pour dicter une politique étrangère est une ligne rouge. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est montrée particulièrement offensive sur TF1, dénonçant une manœuvre d’une “brutalité inouïe” et une menace “inadmissible.”
Les enjeux financiers sont colossaux. L’exportation de vin français vers les États-Unis en 2024 a représenté une manne de 2,4 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 1,5 milliard pour les spiritueux. Perdre ce marché au profit de concurrents comme l’Italie ou le Chili porterait un coup sévère à un secteur agricole déjà fragilisé par les aléas climatiques et la baisse de la consommation mondiale.
La riposte européenne en préparation
Face à l’ampleur de la menace, la France ne peut agir seule. Annie Genevard a immédiatement appelé à la solidarité des Vingt-Sept, affirmant que cette agression ne peut rester sans réponse de l’UE “tout entière.” La réaction de l’Union européenne aux menaces de Trump sera donc le véritable test de la cohésion du bloc face au protectionnisme américain.
Bruxelles dispose désormais d’un outil puissant : l’instrument anti-coercition. Ce mécanisme permet à l’Europe de prendre des contre-mesures commerciales rapides, comme la restriction d’accès aux marchés publics ou des droits de douane ciblés, pour défendre un État membre victime de pression économique. Reste à savoir si les Européens parviendront à s’accorder rapidement pour activer ce bouclier face à Washington.






