Même discours du côté de son successeur : “On a priorisé certains établissements. On planifie un maximum de visites en sachant qu’on ne suit pas l’ordonnance, par manque de ressources”. Il enfonce le clou lors de son audition : “Vu les ressources au sein du service, ce n’est pas possible de faire tout ce qui est demandé”. Les deux hommes affirment que cette situation était parfaitement connue des Moretti mais aussi des autorités locales et cantonales depuis longtemps. “Ils étaient tous au courant”, lâche Ken Jacquemoud. Puis, il précise : “Nicolas Féraud était au courant de cette situation”. Ce dernier, président de la commune, avait pourtant déclaré face aux médias du monde entier juste après le drame qu’il ne pouvait expliquer pourquoi le bar n’avait pas été contrôlé. Plusieurs victimes ont depuis déposé plainte contre lui pour “manquements gravissimes”.
© DR/DRAprès le drame de Crans-Montana, de nombreuses questions sont posées aux agents de sécurité incendie.
Le gel des embauches à Crans-Montana a aggravé la situation
Christophe Balet apporte un élément supplémentaire pour comprendre pourquoi les effectifs n’ont jamais été renforcés malgré les alertes répétées. Il évoque un plan baptisé “Personal Stop” décidé par Nicolas Féraud lui-même : “En janvier 2025, la commune de Crans-Montana a décrété le Personal Stop. Ainsi ce n’était pas possible de demander de nouveaux postes, si ce n’est de remplacer le personnel existant”. Un blocage administratif qui a empêché tout renfort alors même que la charge de travail dépassait largement les capacités de l’équipe en place.
Mais, quand Ken Jacquemoud demandait à sa hiérarchie comment gérer cette surcharge, la réponse était toujours la même : “Ils nous disaient de tous faire de notre mieux. Ils nous disaient de contrôler au moins les hébergements”. Les priorités étaient donc clairement définies : d’abord les hôpitaux, ensuite les hôtels, et tout en bas de la liste les restaurants et les bars, catégorie dans laquelle se trouvait le Constellation.
© DRIncendie à Crans-Montana : les agents de sécurité dénoncent un manque de moyen.






