La question divise la ville du Doubs depuis longtemps. Si la quasi-totalité des agents de la police municipale demandent des armes létales, de nombreux habitants se disent réticents.

Et dans cette ville où la délinquance progresse, le syndicat cite un fait récent : le braquage d’une manufacture de bijoux en décembre. Dans leur fuite, les malfaiteurs ont tiré sur la police nationale, sans faire de blessé. “Les premiers arrivés ont été la police nationale, mais ça aurait très bien pu être un équipage de la police municipale, raconte-t-il. Les délinquants auraient pu tirer et les gens se seraient retrouvés complètement démunis face à des armes à feu alors que leur seule défense est un Taser. Lorsqu’on intervient, les délinquants, quels qu’ils soient, ne font plus la différence entre policiers municipaux et policiers nationaux.”

C’est pour toutes ces raisons que Guy, 70 ans, soutient le port d’armes à feu par la police municipale. “Pour moi, c’est une évidence que la police municipale, si elle veut faire correctement son travail pour la sécurité de l’ensemble de la population doit pouvoir, dans certaines conditions, être armée, affirme-t-il. Il y a des périodes où c’est plus risqué que d’autres, par exemple le soir. Il y a quand même des limites. Il faut que la police soit armée et formée, il ne faut pas qu’on ait les dérives d’ICE [la police de l’immigration américaine]. Il faut qu’ils sachent apporter une réponse appropriée à un problème.”

La crainte d’abus de pouvoir

Mais force est de constater que les Bisontins interrogés sont majoritairement contre cette idée. “Dans notre ville, que ce soit des policiers ou n’importe qui, savoir qu’il y a plus d’armes, je trouve ça dangereux”, réagit une jeune habitante. “Je pense qu’il peut y avoir aussi des abus de pouvoir, ajoute un autre. On voit pas mal de vidéos qui tournent. On parle souvent des Etats-Unis, mais en France aussi on a beaucoup d’abus de pouvoir de la part de la police. Donc ça ne me rassurerait pas de savoir qu’il y a encore plus de policiers armés.”

“Je ne pense pas qu’il faille l’armer, je pense qu’on a besoin d’une police de proximité, des gens qui connaissent la population, qui viennent à leur contact et qui créent du lien”, conclut un troisième. À Besançon, trois des six candidats à la mairie proposent d’armer la police municipale.