« C’est écrit » : le patron d’Intermarché annonce une pénurie d’œufs pour encore plusieurs années
La France est pourtant le premier producteur européen avec 15,4 milliards d’œufs en 2024. Mais cela ne suffit plus. Comme l’expliquait UFC-Que Choisir, via l’interprofession CNPO, il faudrait un million de poules en plus par an. Concrètement : 300 nouveaux poulaillers à construire d’ici 2030. Un objectif difficile à atteindre, notamment à cause de réglementations très strictes. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard dénonce une surtransposition des normes qui « complique la vie des agriculteurs ». La transition vers le plein air et l’interdiction des cages depuis la loi Egalim ralentissent aussi les projets. Sur BFMTV, Thierry Cotillard a fait une rare autocritique. « On a aussi une part de responsabilité », admet-il.
En soutenant le bien-être animal, la distribution n’a pas anticipé l’effet mécanique : plus de demande, moins de production. Et pour l’instant, pas question de compenser en important massivement. « On a toujours fait le choix du 100 % français pour les œufs. On va s’interdire d’aller chercher à l’étranger », affirme celui qui a donné son avis sur Mercosur. La conclusion est claire… et peu rassurante. Il manque aujourd’hui environ 150 poulaillers en France. Et entre les annonces politiques et la mise en production réelle, il faudra deux à trois ans selon Thierry Cotillard. À la question : « La pénurie va-t-elle durer ? », il répond sans détour : « Oui. C’est écrit. ».






