La fatigue est souvent perçue comme un épisode ponctuel, lié à une nuit trop courte ou à une période de surcharge. Pourtant, il existe un âge où elle devient plus persistante, presque diffuse. Difficulté à récupérer, impression de fonctionner au ralenti, moral en baisse : cette phase peut donner le sentiment d’un basculement durable. Les données scientifiques permettent aujourd’hui d’identifier ce moment avec davantage de précision.

La sensation d’épuisement n’évolue pas de manière linéaire au cours de la vie. Elle dépend du contexte professionnel, des responsabilités familiales, du rythme quotidien, mais aussi de mécanismes biologiques précis. En l’absence de pathologie, cette fatigue correspond souvent à un processus physiologique normal. Les chercheurs observent d’ailleurs un pic à un âge bien défini, avant un recul progressif les années suivantes.

Les mécanismes biologiques de la fatigue

Le Dr Michelle Spear, professeure d’anatomie à l’université de Bristol, situe un premier tournant dès la fin de la trentaine. “La masse musculaire commence naturellement à décliner à partir de la fin de la trentaine, explique-t-elle dans The Conversation. Cette diminution progressive contraint l’organisme à mobiliser davantage d’énergie pour des gestes du quotidien. Le moindre effort devient plus coûteux sur le plan énergétique.