Neige monstrueuse en Russie, vortex polaire aux États-Unis, Europe enneigée : l’hémisphère nord bascule-t-il vers une nouvelle ère ?

De l’autre côté du détroit de Béring, l’Alaska vient de connaître son mois de décembre le plus froid enregistré depuis plus de 40 ans dans de nombreuses, comme à Fairbanks qui n’a pas connu des températures aussi basses depuis 1980. La température matinale de cette zone a dépassé ou avoisiné les -40 °C quasiment tous les jours de mi-décembre à mi-janvier : la normale se situe à cette époque entre -15 et -8 °C le matin, donc l’écart à la moyenne est de plus de 20 °C. À Juneau, avec deux mètres de neige tombés au cours du mois de décembre, la capitale de l’Alaska a connu quasiment l’équivalent du cumul annuel moyen de neige en l’espace d’un mois. De l’autre côté de la frontière, les températures sont descendues en dessous du seuil des -50 °C dans plusieurs villes du Canada.

Le reste des États-Unis est confronté à des descentes incessantes d’air polaire depuis le début de l’hiver : le vortex polaire semble s’affaisser presque toutes les semaines sur l’est du pays ainsi que les grandes plaines. Cette semaine, une nouvelle descente d’air arctique va toucher plus de 200 millions d’Américains, avec notamment des températures de -20 à -30 °C dans le Minnesota entre ce lundi et ce mardi matin.

En Europe aussi, cet hiver a été remarquable, sans pour autant battre de records : à la date du 8 janvier, 70 % de la surface de l’Europe était enneigée, cela faisait 8 ans que ce n’était pas arrivé.

Les pays scandinaves ont connu un froid extrême après avoir connu une douceur remarquable début décembre : -39 °C en Laponie finlandaise la semaine dernière soit 20 °C de moins que la norme du mois, à tel point que plusieurs aéroports ont été paralysés.

Des causes multiples et différentes pour chaque pays concerné

Que se passe-t-il dans l’hémisphère nord cet hiver ? La réponse précise à cette question mériterait une vaste étude d’attribution réalisée par un organisme spécialisé : la science de l’attribution permet de relier un phénomène météo extrême à sa cause. Chaque événement météo dépend, non seulement du comportement de l’atmosphère, mais aussi du relief propre à chaque zone géographique.