Depuis plusieurs semaines, une scène devient presque banale dans les supermarchés : des rayons d’œufs clairsemés, parfois même totalement vides. À l’approche de la Chandeleur, la question revient partout : y aura-t-il des œufs pour tout le monde ? Invité sur BFMTV, Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, a livré un constat sans détour. Oui, la pénurie est bien réelle. Et oui, la distribution a aussi sa part de responsabilité. Avant d’aborder le sujet brûlant des œufs, Thierry Cotillard a tenu à rassurer les consommateurs sur un autre point : les prix alimentaires. Selon lui, les négociations en cours avec les fournisseurs avancent bien. « On est en train de définir les prix qui débuteront en mars et qui seront les prix de toute l’année », a-t-il expliqué.

Pâtes, farine, marges… le patron Intermarché détaille ce qui va vraiment baisser en 2026

Le résultat attendu ? Une inflation « très contenue » en 2026, avec même des baisses réelles sur certains produits. Les pâtes et la farine, par exemple, devraient voir leurs prix baisser de 4 à 5 % par rapport à l’an dernier. Une bonne nouvelle, rendue possible par la baisse des matières premières. Mais le patron d’Intermarché nuance aussitôt : cette moyenne cache de fortes disparités. Certaines grandes marques, notamment dans le café ou le chocolat, restent selon lui « trop gourmandes ».

Thierry Cotillard n’hésite pas à pointer du doigt certains industriels. Selon lui, les distributeurs travaillent avec des marges très faibles, autour de 2 à 3 %, quand certaines multinationales atteignent 10 %. Il se félicite d’ailleurs que Bercy se penche sur ces pratiques. « L’administration constatera que les distributeurs n’ont pas augmenté leurs marges », assure-t-il, invitant même les pouvoirs publics à consulter les comptes du groupe.

Des rayons d’œufs de plus en plus vides

Mais le cœur du sujet reste la pénurie d’œufs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon NielsenIQ, le taux de rupture a atteint 13,3 % en 2025, bien au-dessus du seuil jugé acceptable. Et sur le terrain, la situation est encore plus frappante. « Pratiquement toute la distribution se retrouve régulièrement totalement en rupture », reconnaît Thierry Cotillard. Un phénomène nouveau pour les consommateurs, qui peuvent désormais ressortir du magasin… sans œufs. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, la grippe aviaire, qui empêche la commercialisation des œufs dès qu’un foyer est détecté.

Ensuite, des conditions climatiques compliquées, avec neige et perturbations logistiques. Mais la vraie raison, c’est le décalage entre la production et la demande. Les œufs sont devenus la protéine animale la moins chère du marché. Résultat, la consommation explose. En 2025, les Français ont consommé 240 œufs par personne, contre 226 l’année précédente. Depuis 2023, ce sont 300 millions d’œufs supplémentaires vendus chaque année.