En France, appeler l’hélicoptère en montagne ne coûte rien à la victime, mais chaque rotation frôle les 10 780 €. Un luxe collectif que la Cour des comptes vient de passer au crible dans un rapport massif, en parlant ouvertement de possible facturation. Un vrai tabou pour un pays qui a fait du secours gratuit un symbole.

Le contexte a changé : plus de pratiquants, des itinéraires plus engagés, un climat qui déstabilise la neige et les rochers. Selon la Cour, nous vivons désormais “dans un environnement naturel rendu plus dangereux par les effets du dérèglement climatique. Cette évolution se traduit par une hausse de 44 % du nombre d’interventions des secours en montagne depuis 2015”. Et la facture suit une trajectoire tout aussi abrupt.

Qui paie aujourd’hui les secours en montagne à plus de 10 000 € l’intervention ?

Sur les pistes de ski balisées, les secours des pisteurs sont déjà facturés via la station ou l’assurance. Hors domaine skiable, en revanche, le secours en montagne repose sur les unités publiques spécialisées – PGHM, CRS Alpes, sapeurs-pompiers, SAMU – et reste gratuit pour la personne secourue, au nom de l’égalité d’accès. Dans les faits, 80 à 90 % des opérations se font en hélicoptère, pour plus de 6 000 heures de vol par an.